Parmi les plus grandes franchises d'animation japonaise on ne présente plus les mastodontes du style Dragon Ball, One Piece, Detective Conan et autres Naruto puisque cela fait plus de trente ans que ces animés et manga ont débarqué chez nous pour ne plus jamais repartir.
Pourtant il existe une autre série qui a vu le jour en 1967 sous le crayon de Monkey Punch : Lupin the Third (Rupan Sansei en VO) et qui malheureusement n'a jamais vraiment réussi à percer chez nous.
Certes les premières séries ont été adaptées (et censurées) sous le nom Edgar de la Cambriole (à l'époque la série Arsène Lupin était diffusée et le distributeur voulait éviter la confusion) donc un nom pour le moins ringard mais qui serait difficile à rediffuser chez nous aujourd'hui : l'absence a été trop longue et quand je vois le bordel provoqué par une blonde en jeans sur une publicité j'imagine mal la bien-pensance accepter de montrer un personnage aussi sexy et provocateur que Fujiko Mine.
Mais pendant que Lupin/Edgar disparaissait de nos télévisions au Japon le personnage n'a jamais été mis au placard et il lui arrive très régulièrement de revenir lors d'OAV ou lors de cross-over avec les Cat's Eyes par exemple.
Et comme la majorité des animés cultes du Japon des adaptations en live action ont été réalisées, et si le film Lupin the Third sorti en 2014 est quasiment introuvable, il est en revanche possible si vous posséder Prime de découvrir en VOST le spin off consacré à l'acolyte préféré de Lupin, j'ai nommé le tireur d'élite Jigen Daisuke !
Cela tombe bien il s'agit de mon préféré de la bande alors autant vous dire que j'avais hâte de voir le personnage prendre vie sous les traits de Tetsuji Tamayama (qui l'incarnait déjà dans le film de 2014).
Une histoire inutilement longue
Tandis qu'il affrontait un rival lors d'un duel en Pologne, Jigen se rend compte que son fidèle Commando Magnum 357 ne tire plus aussi bien qu'avant.
Ne pouvant se résoudre à changer d'arme il se met à la recherche d'un bon armurier. Très vite les trafiquants l'aiguillent vers une ville du Japon où se cacherait le meilleur armurier du monde.
Vous pensez en lisant ce pitch que ce live action sera l'occasion de voir des duels et des fusillades jusqu'à plus soif ? Il faut dire qu'un tel postulat impliquait des tests d'armes à feu ou peut-être même des concours de tir voir carrément une pluie de tueurs qui se seraient rués sur Jigen en apprenant que son célèbre flingue ne fonctionnait plus.
Pourtant il n'y aura presque rien de tout ça dans le film qui va vite se changer en une sorte d'ersatz de Léon puisque rapidement la petite Oto va croiser la route de Jigen qui va bien évidemment la prendre sous son aile après avoir été rebuté par l'idée de devoir trimbaler une mioche.
Il est vrai que l'idée ne serait pas mauvaise dans le fond car cela permet de rendre le personnage plus humain que dans les animés où il ne lui arrive que trop rarement de quitter son carcan de tueur pince-sans-rire à la croisée des chemins entre Client Eastwood et James Coburn.
Mais je dois bien avouer que cette intrigue dure beaucoup trop longtemps (deux heures) et manque cruellement de rythme même si la gamine et ses grands yeux suffiront à rendre le duo attachant.
Mais avec quelques bonnes idées
Par contre si le postulat de base ne surprendra à aucun moment il n'en sera pas de même pour les antagonistes et pour les rares alliés que Jigen va rencontrer : de l'horloger jusqu'à son indic manchot les personnages ont constamment ce petit truc un peu allumé qui fait qu'on n'oublie jamais vraiment qu'il s'agit de l'adaptation d'un manga.
Et justement peut-être un peu trop car du côté des méchants autant j'ai été scotché par Adèle et son style de combat pour le moins amusant et imprévisible mais d'un autre côté son bras droit ... Comment dire ?
Le mec change de visage et peut se faire passer pour n'importe qui : un vieux, une femme, un africain... Mais comment fait-il ? On devine qu'il porte une combinaison spéciale mais le personnage semble issu d'un autre registre et il aurait eu davantage sa place dans un film de SF.
Au moins cela rend les méchants plutôt amusants lors de quelques scènes d'action pour le coup assez sanglantes.
Entre efficacité et budget serré
Car si les fusillades et duels seront plutôt rares il faut tout de même souligner que les chorégraphies sont plutôt bien pensées et permettent à notre Jigen de montrer qu'il sait se battre comme un lion même sans son magnum.
Alors certes cela fait bizarre de le voir se servir d'un automatique et de distribuer des bourre-pif mais Tamayama a tellement bien adopté la posture et le style du personnage que ce fut un vrai plaisir de le voir dégommer à lui seul quelque chose comme 60 truands à la fin du film.
Il faut attendre le dernier tiers pour que les choses bougent enfin, mais au moins le personnage ne déçoit pas même si cela fait bizarre de voir constamment ses yeux, mais allez traduire ça en live-action, déjà qu'ils arrivaient pas à le faire pour le film en 3D...
On sent également à travers les décors et certains effets que le budget n'était pas forcément faramineux puisqu'une bonne partie du film se déroule dans l'une des rues commerçantes couvertes typiques des grandes villes japonaises.
Pas forcément le genre de décor qu'on s'attendait à découvrir dans un film consacré à un flingueur d'élite, mais malgré ce côté un peu cheapos (renforcé par le fait que hormis l'acteur principal et sa grande rivale les comédiens semblent manipuler des répliques airsoft) la réalisation parvient à trouver quelques idées pendant les combats pour rendre le tout efficace et amusant comme lors de la bagarre dans la cuisine de l'horloger.
Bon je n'ai pas passé un mauvais moment devant le film, même si le scénario n'avait rien d'exceptionnel et que le tout traînait en longueur l'action était fun, l'acteur convaincant et la gosse est tellement kawaii qu'on a envie de regarder jusqu'au bout pour voir si elle retrouve la parole.
Mais en dehors de cela même si il s'agit d'un spin off centré sur Jigen j'avoue que je suis vraiment surpris pour ne pas dire déçu qu'aucune autre figure de la franchise ne soit figure au casting.
D'un côté je suis content que le réalisateur ne soit pas tombé dans la facilité en ramenant Lupin, Goemon, Fujiko et Zenigata d'un coup, mais j'aime autant vous avertir qu'aucun d'entre eux ne passera faire un coucou dans le film.
Et c'est con mais autant je peux accepter l'absence de Zenigata et de Fujiko qui sont indissociables de Lupin, dans le cas de Goemon ou de Lupin lui même cela n'aurait pas été déplacé d'en voir au moins un des deux venir à l'aide de Jigen, surtout que le mec se lance seul dans un combat contre une tour remplie de soldats et de yakuzas.
De plus le look du métamorphe et son goût pour les armes blanches évoquaient un peu les ninjas donc je m'attendais vraiment à ce que Goemon vienne en renfort... Mais non.
Tout au plus la présence de Lupin est suggérée à la fin du générique.
Alors oui le fan service gratuit c'est mal, mais il faut aussi savoir raccrocher un spin off à son univers principal : récemment dans Ballerina John Wick débarquait pour une dizaine de minutes et cela suffisait amplement.
Du coup on en vient à se demander si aussi cool et charismatique qu'il soit Jigen Daisuke soit vraiment un personnage capable de tenir un film à lui seul.
Note : 2.5/5
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